RASSEMBLEMENT MARDI 13 OCTOBRE, 9H30 DEVANT LA PRÉFECTURE DE ROUEN
La loi immigration de 2024, votée avec les voix de l'extrême-droite, attaquait globalement les droits des étrangers en France. Mais face aux évidences économiques, elle avait ouvert à la marge une possibilité de régularisation des travailleurs exerçant des métiers dits "en tension".
Bruno Retailleau, lors de son passage au ministère de l'intérieur a quasiment supprimé tout autre possibilité de régularisation exceptionnelle en abrogeant la circulaire “Valls” de 2012 et saboté cette, procédure “métiers en tension” en retardant la publication des nouvelles listes de métiers jusqu'en mai 2025.
De menaces sur les employeurs en mauvaise volonté des préfectures, bien peu de travailleurs peuvent finalement bénéficier de cette régularisation. Des mois de retard pour un dispositif qui s'arrête légalement le 31 décembre 2026 !
Dans un contexte politique où certains candidats font des immigrés les responsables de tous les maux du pays, rien ne garantit aujourd'hui qu'une autre voie de régularisation par le travail prendra le relais au 1er janvier 2027.
Les travailleurs sans papiers, eux seront toujours là. Ils continueront de travailler, de participer à l'économie du pays, de cotiser à la Sécurité Sociale, de payer des impôts.
Mais sans titre de séjour, ils resteront sans droits, vivant dans la peur et la précarité, bien souvent exposés au chantage patronal, au travail dissimulé et aux salaires impayés.
En refusant de régulariser des femmes et des hommes qui travaillent, l'Etat les maintient délibérément dans la clandestinité.
Il fabrique lui même les travailleurs clandestins qu'il prétend combattre, tout en créant les conditions de leur exploitation.
Métier en tension ou pas, tout travailleur doit pouvoir être régularisé sur preuve de son travail, quel que soit son métier ou sa région. La régularisation ne doit pas dépendre du bon vouloir de l'employeur ni de celui des préfectures.
→ Nous exigeons qu’au 1er janvier 2027, une véritable voie de régularisarion par le travail soit garantie.
À L’URGENCE DE LA RÉGULARISATION S’AJOUTE CELLE DE LA MISE À L’ABRI : PERSONNE NE DOIT ÊTRE CONDAMNÉ À VIVRE DANS LA RUE !
Ce soir des femmes, des femmes seules avec enfants, des familles, des hommes et des jeunes mineurs dormirons dans la rue faute d’avoir trouvé une place pour la nuit dans les structures d’accueil. Avec un peu de chance certaines pourront se réfugier dans le hall de l’Hôpital, d’autres trouveront un refuge dans un abri de fortune le long des quais ou sous une tente dans les bois environnants.
Ces nuits passées dehors sont lourdes de conséquences sur leur alimentation, leur hygiène de vie, leur santé, et sur le travail scolaire des enfants. Ces situations, qui ne sont pas nouvelles, sont dénoncées depuis trop longtemps déjà par les associations de solidarités avec les migrants. Toutes les semaines elles voient arriver dans leur permanence des femmes enceintes ou avec de jeunes enfants qui supplient de leur trouver simplement une chambre pour qu’elles puissent se poser. Elles repartent désespérées lorsqu’on leur répond qu’il n’y a plus de place.
Aujourd’hui ces associations hébergent plus de 300 personnes et sont au maximum de ce qu’elles peuvent faire. Ces situations, connues de tous, pouvoirs publics, responsables politiques, bailleurs sociaux sont d’autant plus intolérables que des solutions existent, certaines pouvant être mis en œuvre immédiatement.
Nous, associations de solidarité avec les migrantes et les migrants demandons :
→ L’ouverture à l’année du centre Colette Yver et du gymnase Graindor.
→ L’augmentation du nombre de places gérées par le 115 (250 demandes par jour, une trentaine d’attribuées ….) ainsi que du nombre personnes pour gérer les appels.
→ La prise en charge de tous-tes les demandeurs-es d’asile par les structures dédiées (CADA).
→ La réquisition des bâtiments publics vides, certains depuis de nombreuses années. (Près De 8000 logements sont vacants à Rouen et 20 000 dans la Métropole).
→ L’obligation pour le Département d’accueillir les femmes enceintes ou avec des enfants de moins de trois ans (L .221-1 et L.221-2+article 68 de la loi Molle).
Alors que l’Etat va dépenser des milliers d’euros pour doubler les places dans les centres de rétention, nous comprenons mal ce choix lorsque l’on sait que près de 3000 femmes et 2000 enfants vont, chaque soir, en France, être obligés de dormir dans la rue.
PAS DE TRAVAILLEUR SANS DROITS ! PERSONNE SANS TOIT !